COP22 : Les attentes de la RDC et des pays moins avancées

Placée sous le thème de l’action, la 22ème Conférence des Parties (COP22) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC), prévue du 7 au 18 novembre prochain à Marrakech (Maroc), se veut être l’évènement qui va traduire les décisions prises dans l’Accord de Paris  en actions concrètes, afin de pallier le retard dans l’adoption de mesures globales susceptibles d’inverser le processus du changement climatique. Une ambition louable mais qu’attend donc la RD Congo qui assure actuellement la présidence du groupe des Pays Moins avancées?

En effet, l’adoption des mécanismes d’adaptation au changement climatique est la priorité principale de la RDC et des PMA à Marrakech, une stratégie commune du groupe qui, selon lui, est la plus efficace dans leur contexte pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, dont la limitation de la température terrestre à 2 degrés Celsius par rapport à l’ère industrielle.

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Carte des pays moins avancés

Réunissant 48 pays d’Afrique, Asie et Amérique, les PMA souhaitent que leur voix soit entendue à la COP22. Pour eux qui ont un faible niveau d’émissions de gaz à effet de serre, mettre en oeuvre des actions d’atténuation n’est pas chose aisée vu leurs faibles indices de développement humain et leurs situations économiques précaires, sans compter l’absence des moyens technologiques nécessaires.

“ Nous voulons réduire nos émissions dans la mesure du possible, mais nous reconnaissons que nos besoins sont essentiellement de l’ordre de l’adaptation parce que nous sommes vulnérables face aux effet néfastes du changement climatique ”, déclare Tosi Mpanu Mpanu, négociateur-sénior de la RDC et président du groupe des PMA, le 15 octobre, lors d’une réunion avec la presse congolaise à Kinshasa.

Dans cet esprit, les actions d’adaptation permettront à leur population de faire face efficacement aux impacts négatifs du changement climatique, et en même temps, de promouvoir leur développement et préserver l’environnement. Les PMA compte parler comme un bloc pour qu’ils leur soit octroyés des moyens de mise en oeuvre de ces mesures d’adaptation qui sont : le financement, le transfert des technologies et le renforcement des capacités.

Le renforcement des capacités est une question importante pour les PMA, qui avait plaidé à Paris pour que cette question bénéficie d’un ancrage institutionnel à l’instar du financement avec le Fonds Vert pour le Climat et du transfert des technologies avec le Mécanisme du comité exécutif des technologies. A Paris, il avait été décidé de mettre sur pied un comité de Paris sur les capacités et à Marrakech, il sera question d’évaluer les termes de référence de ce comité et designer les membres qui en feront partie à la COP22.

“ Si nous n’avons pas les capacités, comment est-ce que nous pouvons être ambitieux en termes d’atténuation, parfois nous ne savons même pas monter des projets qui sont bancables et susceptibles d’être financés. Il faut qu’on ait la capacité d’aller sur le terrain, de promouvoir certaines techniques et savoirs endogènes”, martèle Monsieur Mpanu Mpanu.

Qu’attend la RDC pour ratifier l’Accord de Paris?

La RDC était parmi les premiers signataires de l’Accord de Paris lors de la cérémonie de signature organisée en avril dernier à Washington. Pour ce, le président Joseph Kabila avait lui-même fait le déplacement jusqu’à New-York City pour le circonstance. Mais à, ce jour, le pays n’a pas encore déposé ses instruments de ratification de l’Accord de Paris au Secrétariat de l’ONU, alors que l’Accord sera, lui, entré en vigueur dès le 4 novembre 2016.

Ce qui fait réagir l’Union Eur0péene : “ Nous lançons un plaidoyer pour que la RDC ratifie l’Accord de Paris le plus rapidement possible et avant la tenue de la COP22 en novembre prochain “, a appelé Bertrand Soret, Chargé d’Affaires de la Délégation de l’Union Européenne en RDC, au sein de laquelle se tenait la réunion avec les journalistes.

Sur cette question, Tosi Mpanu Mpanu se veut confiant quant à la ratification à venir de l’Accord de Paris, car la question étant déjà inscrite dans l’ordre du jour du prochain conseil des ministres pour adoption, avant d’être transférée aux deux chambres du parlement pour ratification. “ Nous sommes en contact avec certains députés nationaux et sénateurs qui ont déjà acceptés de porter le texte au parlement pour ratification et n’attendent que l’issue du Conseil des Ministres ”, précise-t-il.

L’urgence s’impose de ratifier cet Accord avant le 4 novembre prochain, date de son entrée en vigueur, si la RDC veut prendre part à la première conférence des pays ayant ratifié l’Accord de Paris, qui se tiendra aussi à Maroc, en marge de la COP22. Avec son énorme potentiel forestier et énergétique, le pays devra penser à garder son leadership sur les questions du climat.

A ce jour, la seconde phase pour l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris avait déjà été enclenchée avec la ratification de l’Union Européenne. 73 pays représentant 56,9% des émissions mondiales, ont déposé leurs instruments de ratification auprès du secrétariat de l’ONU, allant même au-delà de la condition essentielle requise.

Les sujets de la COP22

Les pays se réuniront pour décider de l’opérationnalisation de l’Accord de Paris qui doit se traduire en véritable programme d’actions. Sur ce, beaucoup d’initiatives y seront annoncées, notamment celle portant sur l’adaptation à l’agriculture africaine, sur l’efficacité énergétique, le centre des connaissances, et tant d’autres.

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Marrakech est également une occasion pour les pays de revisiter les Contributions Prévues Nationales Déterminées (CPDN). Certaines parties ayant exprimé des objectifs plus ambitieux que leurs capacités à les atteindre souhaitent revoir leur CPDN afin de traduire les objectifs de leurs ambitions en projets ou programmes concrets et en actions réalistes et réalisables, lorsqu’ils se sont rendus compte que leur mise en oeuvre dépendrait des financements disponibles seulement après 2020.

D’autre part, es chefs d’Etats africains sont attendus à Marrakech. Ils se réuniront avec le roi du Maroc pour voir comment s’atteler sur les spécificités de l’Afrique par rapport au questions climatiques.

Aussi prévues à l’ordre du jour, des questions en suspend lors des COPs précédentes qui y seront discutées, telles que l’évolution des plans de travail de Lima sur le genre et de Nairobi. Il y sera également question de soulever les progrès sur du mécanisme de Varsovie sur les pertes et dommages, essentiels pour les pays vulnérables comme les PMA et les petits Etats insulaires en développement, ainsi que l’examen de la performance du comité d’adaptation créé à la COP16 de Cancun.

En définitive, la COP22 devra continuer à assurer le fort leadership initié Paris qui a continué tout au long de 2016. Les PMA vont également à Marrakech pour participer à la définition des règles de mise en oeuvre de l’Accord de Paris, afin de s’assurer que ces règles tiennent  compte de leurs circonstances nationales particulières et bénéficier d’un traitement préférentiel et pourquoi pas d’une discrimination positive en ce qui concerne cette disposition de règle de mise en oeuvre et de certaines exigences de conformité et de transparence.

Le 25 octobre 2016, le Green Journalism Network (GJN) a organisé un café de presse,en partenariat avec la Délégation de l’Union Européenne de la RDC. Cette réunion avait pour objectif d’informer la presse congolaise des enjeux de la COP22 pour le pays et les PMA. Outre les journalistes et le président des PMA et négociateur sénior de la RDC à la CCNUCC, le chargé d’Affaires de l’Union Européenne, le chargé d’Affaires de l’Ambassade du Maroc à Kinshasa, Monsieur Ahardane Boutahar et Flory Botamba, chargé du programme REDD+ à WWF ont pris part à ce café de presse.

Cet article a été originalement publié sur InfoCongo

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